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 Les écrits de Carmen (poèmes et nouvelles)

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The Almighty One
Poupée de porcelaine de Madrid
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MessageSujet: Les écrits de Carmen (poèmes et nouvelles)   Ven 23 Mai - 13:01



Nouvelle N°1 : Cauchemar


Courir. Courir pour lui échapper. Sa voix résonne encore dans ma tête, grave, mélodieuse, menaçante.

"Cours. Cours tant que tu peux, tu ne m'échapperas pas..."

Alors je cours. Cours à en perdre haleine, regardant constament derrière moi. Je ne le vois pas, mais il me suit, je le sais. Il me piste comme un chasseur pisterait son gibier. La pluie battante fouette mon visage, mêlée à mes larmes de désespoir. Il m'aura, je le sais, pourtant je me raccroche à ce stupide, minuscule espoir qu'il ne me rattrapera pas. Les branches me griffent, lacèrent mes vêtements. L'une d'elles m'entaille même le front. Mon sang coule devant mes yeux, mais je ne m'arrête pas pour autant. S'il me rattrape, je suis perdue. Il me tuera. Il me tuera comme il en a tué tant d'autres avant moi.
Je cours Ma course effreinée pour ma survie m'entraîne au-delà de la forêt, en haut d'une falaise. Je le sais, c'est un lieu que je connais très bien. Je l'ai trop rêvé. Mais cette nuit, c'est bien réel. Me voilà à l'orée du bois. Plus que quelques mètres et je sors de la forêt. Deux mètres. Un mètre. Mais qu'est-ce que... ?


BAM !

Au moment où je vois la fin de ma course, une branche basse me fait trébucher, comme si Dame Nature voulait me freiner en me faisant un croche-pied. Me voilà au sol. J'essaye de me relever, non sans mal. Un violente douleur, je me suis foulée la cheville dans ma chute. Ironie du sort... Je grimace mais tiens le coup. Il est tout proche, maintenant, je reconnaîtrais sa voix entre mille :


"Où cours-tu ? Je suis là, je te vois..."

Je tourne mon regard apeuré vers les arbres. Il l'a dit lui-même, il est proche...
Me revoilà en train de courir. J'arrive en haut de la falaise. La peur me noue le ventre. Obligée de lui faire face. Je me tourne vers la forêt, résignée. Ca sera lui ou moi.
Je suis au bord du gouffre. Un pas de plus et je tombe dans le vide...


*
* *


Je reste là, face à la forêt. Cette forêt sombre et angoissante, berceau de mon malheur. Je l'entends approcher, ses pas résonnent sur les feuilles mortes. Il est là, je le vois. Il est juste en face de moi, maintenant. Je tremble de peur mais tente de ne rien montrer.

**Ce n'est qu'un rêve, tu cauchemardes, Alicia...**

Si j'avais une dernière volonté, ça serait que tout ça ne soit qu'un cauchemar. Je voudrais me réveiller en sécurité dans ma chambre, auprès de l'homme que j'aime. Mais non, c'est bien réel. Il est là, devant moi, son éternel sourire aux lèvres. J'aimerais pouvoir le décrire, mais le temps m'est compté. Il ne dit rien, se contentant de rester là, une lueur sadique, meurtrière, dans ses grands yeux couleur glacier. Pas un mot, pas un geste. J'ai peur. Je sais que ma mort n'est qu'une question de secondes. Bientôt, il va fondre sur moi comme un aigle sur sa proie. Bientôt, je serai dans les Limbes, prête à passer de l'autre côté du fleuve des morts...
Il esquisse un pas ; je recule, me rappelant une fraction de seconde trop tard que derrière moi, il n'y a que le vide pour soutenir mes pas. Je tombe. Le temps passe comme au ralenti. Un cri vient à mes oreilles, je m'apperçois que c'est le mien. Le sol se rapproche lentement, trop lentement. Puis soudain, tout s'accélère. La falaise, le sol. Les rochers, le sol. Les vagues et leur écume, le sol. Le sol. Le sol...

*
* *


[Extrait de la rubrique nécrologique de Paris Matin datée du 21 juillet 1983]

"La jeune Alicia nous a quitté hier matin des suites d'une rupture d'anévrisme durant son sommeil, à l'hôpital principal. Toute notre tristesse accompagne sa famille. Les funérailles auront lieu..."


/!\ Nouvelle N°2 : Le Syndrôme Tantale /!\


Ding-dong !

Mes invités arrivent. Vite, j'arrangeai ma cravate à la hâte avant de dévaler les escaliers quatre à quatre pour me planter dans la table du téléphone avec un grand "Aoutch !". Rajustant mes lunettes, j'ouvris la porte pour me trouver nez-à-nez avec un couple d'amis, les Von Elek.


"Marie, Greg....Ravi de vous voir..."

Marie m'embrassa sur la joue et je serrai la main que me tendait mon ami, les invitant ensuite à entrer. Maria regarda autour d'elle, surprise.


"Jennifer et les enfants ne sont pas là ?"

Je secouai la tête.


"Non, elle a emmené les gosses chez ses parents pour les vacances... Elle devrait rentrer dans quelques jours."

Greg eut un rire tonitruant.


"Elle part faire la fête dans sa famille en te laissant à ton travail, c'est ça ?"

Je ris légèrement.


"On peut dire ça..."

Je me tus, mal à l'aise. Avec ma femme ça n'allait pas très fort en ce moment. Je me souviens une dispute assez violente en fin d'après-midi, puis le blanc. Que s'était-il donc passé par la suite ? Où était-elle passée ? Et les enfants ? Il est vrai que je suis un homme assez tête en l'air, j'oublie souvent ce qu'on me dit, ce que je fais ou dois faire... Mais tout de même, je commençais à m'affoler, bien que pour l'heure je n'en montrais rien à mes hôtes.
Passant à la cuisine pour servir l'apéritif, je posai ma main sur le plan de travail machinalement mais la retirai aussitôt. J'avais touché une substance froide et gluante. Regardant mes doigts, je pris peur. Du sang... C'est alors que je l'apperçus. Une main sanguinolente qui trônait sur le plan de travail. Cette main je l'aurais reconnue entre mille, surtout à l'alliance en or à l'annulaire. La main de ma femme.
J'eus un hoquet de dégoût et ne bougeai plus, choqué. Alors que je tardais en cuisine, Greg m'appela du salon.


"Tout va bien la dedans ?"

Je lui répondis fébrilement que j'allais arriver, sans toutefois quitter la main coupée du regard. Prenant mon courage à deux mains, je décidai de faire comme si de rien n'était devant les invités. Je pris entre deux doigts tremblants le membre tranché et le mis au frigo, sans vraiment me rendre compte de ce que je fesais. Dans le frigo, je trouvai un plateau chargé d'amuses-gueule appétissants au possible, mais mon ventre retourné protesta bruyamment. Je laissai alors le plateau en place et priai mes hôtes de passer directement à table.
Pendant qu'ils prennaient place autour de la grande table rectangulaire de la salle à manger, je sortis du four un gigot, prennant également le plat de pommes de terre qui l'accompagnait, pour porter le tout à table. Marie ouvrit de grands yeux.


"C'est toi qui as fait ça ? Je ne savais pas que tu savais cuisiner autre chose que les plats surgelés..."

Elle rit à cette boutade, ainsi que son mari. Je ris aussi bien que ne trouvant pas cela drôle du tout. Leur bonne humeur m'exaspérait au plus haut point alors que ma macabre découverte me revenait en mémoire. Je me retins de m'énerver et entreprit de découper le gigot. Diantre qu'il était dur pour de l'agneau. Et gros, ossi... Mais je ne m'en formalisai pas et servis mon couple d'amis avant de me servir moi même. Nous mangeâmes dans la bonne humeur, du moins eux, moi je fesais semblant de bout en bout. Vers la fin du repas, Greg se mit à sortir ses plaisanteries douteuses dont il avait le secret. Loin d'en rire, je commençai à m'énerver.


"Ne crois tu pas qu'il existe chose plus importante qu'une blonde dans un métro ? Tu commences à me casser les pieds sérieusement avec tes blagues salaces..."

Choquée, Marie ouvrait la bouche grande comme un four. Je tournai vers elle ma fureur montante.


"Et toi, avec tes airs de sainte-nitouche, tu commences à m'énerver aussi ! Grandis un peu, merde ! La vie c'est pas fait pour les mal-baisées dans ton genre...Ton mari ne te satisfait pas ? Prends un amant ! Je suis là, moi..."

Elle me regardait, interloquée.


"Je n'ai jamais..."

Je l'interrompis brusquement.


"Tu n'as jamais quoi ? Oh, t'étais pas si prude pendant le dernier voyage d'affaires de Greg ! Tu venais tous les soirs, Jenny était encore ailleurs avec les gosses... T'en redemandais toujours...Infatigable petite putain..."

Alors Greg se leva brusquement pour me frapper la machoire d'un violent crochet du droit en me criant un beau "Salaud !" qui me fit ricaner. C'est à peu près à ce moment là que je perdis conscience de mes actes... Je pris un couteau sur la table et le frappai. Je frappai, frappai et frappai encore, aveuglément. Marie hurlait, ce qui ne fesait qu'augmenter ma rage. Je m'arrêtai alors qu'à mes pieds gisait le corps maintenant mort de Greg, me tournant vers sa femme avec un sourire carnassier.


"Au fait... Sais tu ce que toi et ton abruti de mari avaient mangé, ce soir ? Vous avez bouffé un gigot de Jennifer... Et oui... (Je me surpris à rire comme un dément.) Cette salope se faisait baiser par un autre... Quand je l'ai su, je suis devenu furax et je l'ai butée... Les gosses aussi, ils avaient tout vu... Et tu vas mourir aussi, ma belle... Mais pas avant que je ne me sois amusé un peu..."

Disant cela, je lui bondis dessus et l'assommai sur le coin de la table, la jetant ensuite au sol en défaisant la braguette de mon pantalon.


"Ah t'en voulais toujours plus, au pieu... Ben tu vas être servie, ce soir..."

Et voilà que, pris d'une folie aveugle, je la violai, encore et encore alors qu'elle se réveillait et se débattait. Alors qu'elle me griffait le visage, je lui enfonçai mon couteau dans le ventre pour la faire arrêter de bouger. Elle hurla. Je recommençai à la pilonner violemment, lui tapant la tête contre le carrelage de marbre. Elle cessa alors de bouger, morte. Je continuai toutefois le viol après sa mort, me déchargeant en elle pour la seconde fois d'affilée dans un long râle de plaisir. Me relevant alors, je regardai le massacre. Souriant tel un psychopathe, je tirai les deux corps à la cave, où ils allèrent rejoindre ceux de mes deux enfants et le cadavre mutilé de ma défunte femme.
Je remontai alors les escaliers du sous sol et fermai la porte avec un grand sourire pervers, décidé à m'offrir une dernière petite tranche de gigot...

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MessageSujet: Re: Les écrits de Carmen (poèmes et nouvelles)   Ven 23 Mai - 13:13

J'aime. Beaucoup ^^

j'adore le style et 'histoire ^^
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MessageSujet: Re: Les écrits de Carmen (poèmes et nouvelles)   Ven 23 Mai - 13:14

Merci ! ^^

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MessageSujet: Re: Les écrits de Carmen (poèmes et nouvelles)   

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